Mobilité

La Municipalité de Bussigny a investi beaucoup de temps et d’énergie dans le projet du tram t1. En 2007, elle a obtenu que la variante complète (Lausanne-Renens + Renens-Bussigny) figure d’emblée dans la planification du PALM. A l’heure actuelle, le tronçon complet est devisé à 180 millions de francs. Des décisions importantes du Canton devraient intervenir d’ici fin 2018.

Avec la ligne CFF au sud-ouest et la ligne de tram t1 au nord-est, le territoire de la commune bénéficierait d’une accessibilité aisée en transports en commun, condition sine qua non pour un développement harmonieux et maîtrisé de la commune.

 

 

La nouvelle sortie d’autoroute dite « La Venoge », sise sur la commune d’Ecublens, devrait en effet permettre d’absorber environ 50% de l’actuelle charge de trafic à la Croix de Plan (carrefour route de Crissier, rue de Lausanne, route de Genève et route de Renens). Cette charge est formée par tous les automobilistes qui, aujourd’hui, sortent de l’autoroute à Crissier pour rejoindre Ecublens via la Croix de Plan. La Municipalité de Bussigny soutient de manière inconditionnelle la réalisation de cette nouvelle sortie d’autoroute. Elle le fait depuis le début des années 2000 avec la même pugnacité. Le calendrier de réalisation de ce projet lui échappe cependant pour une large part. Comme tous les projets autoroutiers, celui-ci dépend de la Confédération. Une loi sur le fonds d’infrastructure est entrée en vigueur en janvier 2008. Elle prévoit que la Confédération alloue, sur une période de 20 ans, 5,5 milliards de francs à l’élimination des goulets d’étranglement sur l’ensemble du territoire suisse. A première vue élevé, ce montant ne permet cependant pas de couvrir tous les besoins. En conséquence, la Confédération doit procéder à une hiérarchisation rigoureuse de l’ensemble des projets qui lui sont soumis sur tout le territoire suisse. Pour ce faire, elle procède à une division en quatre Modules (du plus urgent au moins urgent), eux-mêmes subdivisés en trois degrés (du moins grave au plus grave).

 

En novembre 2009, un premier message du Conseil fédéral a fixé des priorités. A l’époque, la sortie d’autoroute La Venoge figurait, avec d’autres mesures visant à éliminer le goulet d’étranglement de Crissier, dans Le Module 1, degré II (projets urgents, surcharge forte). A l’époque, sa réalisation était prévue à l’horizon 2018.

 

En avril 2013, un nouveau message du Conseil fédéral a été mis en consultation. Il rend compte de l’avancement de la mise en œuvre des projets et confirme ou infirme le niveau de priorité des projets planifiés. Le cas échéant, un nouveau calendrier est attribué aux projets pour tenir compte des moyens disponibles. Dans ce nouveau rapport, la sortie d’autoroute La Venoge a obtenu un statut encore plus prioritaire qu’en 2009 (Module 1, degré III), mais sa réalisation a pris du retard : sa mise en service est prévue dans les années 2030.

 

Ce retard ne remet pas en cause le projet lui-même, dont le financement a été définitivement approuvé par les Chambres fédérales à hauteur de 120 millions (phase 1), une seconde tranche de 100 millions devant encore être avalisée pour la phase 2 de réalisation.

Il n’y a pas lieu d’établir une corrélation entre l’arrivée de nouveaux habitants et une aggravation des problèmes de mobilité à Bussigny. Le développement de Bussigny va notamment justifier la construction d’une ligne de tram (tram t1) permettant de rejoindre le cœur de Lausanne en une quinzaine de minutes six fois par heure. Cette nouvelle infrastructure représente une amélioration très sensible de l’offre en transports publics de la commune. Par ailleurs, elle colle à l’esprit du temps. Les habitudes en matière de mobilité évoluent fortement et rapidement. Le recours aux transports publics en lieu et place de la voiture privée devient de plus en plus naturel pour une part toujours plus importante de la population urbaine. A Lausanne, l’énorme succès du m2 en est une illustration. A l’horizon 2025, une majorité de ceux qui viendront habiter et travailler à Bussigny seront des adeptes des transports publics. Ils ne viendront pas à Bussigny pour y connaître la joie des bouchons. Ils viendront à Bussigny en raison de l’attractivité de son offre en transports en commun, en particulier le tram. En conséquence, il y a tout lieu de penser que leur présence à Bussigny n’aggravera en rien la situation actuelle.

La Municipalité doit composer avec des pendulaires qui traversent notre territoire. Ce problème touche l’ensemble de l’Ouest lausannois et nous nous y attaquons de manière coordonnée avec les autres communes concernées, le Canton et la Confédération. Une mesure en particulier aura un impact important pour réduire les nuisances des pendulaires : la nouvelle sortie autoroutière dite La Venoge à Ecublens (voir la question précédente). On anticipe qu’elle pourra réduire de moitié la charge de trafic entre la sortie actuelle de Crissier et le carrefour Croix de Plan.

 

Si cela ne dépendait que d’elle, la Municipalité de Bussigny aurait ordonné la construction de cette nouvelle sortie d’autoroute depuis longtemps. Mais ce n’est pas le cas. En Suisse, tout ce qui touche aux autoroutes est du ressort fédéral. La commune doit donc, de concert avec les communes voisines, la région et le canton, prendre influence sur l’administration et le Parlement fédéraux afin que ceux-ci fassent les bons choix pour résoudre nos problèmes locaux. C’est l’une des raisons d’être du PALM. Cet organisme a notamment été créé pour défendre le point de vue de la région auprès des autorités fédérales. Et ça marche. Dans la compétition que se livrent les agglomérations de toute la Suisse pour obtenir les investissements ou les subsides de la Confédération, notre région tire parfaitement son épingle du jeu. Nos besoins sont reconnus et des fonds ont d’ores et déjà été libérés en notre faveur.

 

Cela dit, sans nier les problèmes, les conditions de mobilité à Bussigny sont, dans l’ensemble, plutôt bonnes. En-dehors des heures de pointe, c’est-à-dire durant l’essentiel de la journée, la circulation est parfaitement fluide au sein de Bussigny et on peut y entrer et en sortir sans difficultés. D’autre part, avec sa gare CFF, la commune offre une alternative efficace à celles et ceux qui veulent éviter les goulets d’étranglement. Depuis la plus grande partie du territoire communal, il faut 5 à 7 minutes à pied pour rejoindre la gare CFF. Pour ceux qui habitent le plus loin, un autobus local a été mis en service ; il rejoint la gare deux fois par heure (voir horaire). Ensuite, il faut 11 minutes de train pour rejoindre Lausanne depuis Bussigny. Dans l’autre sens, il faut entre 7 et 8 minutes pour rejoindre Bussigny depuis Lausanne. Dans les deux sens, la desserte actuelle propose trois liaisons par heure ; il est prévu de l’augmenter à quatre liaisons par heure.

 

A l’exception de Renens, aucune autre commune de l’Ouest lausannois ne dispose d’un accès aussi direct et aisé au réseau CFF.

En matière de mobilité, la commune poursuit une politique faite de collaborations et de coordination. Aucune commune ne peut plus prétendre apporter, seule, des solutions aux problèmes de mobilité qu’elle rencontre. La mobilité est, par excellence, une thématique qui chevauche les frontières communales.

 

A Bussigny, la situation s’améliorera vraiment lorsque des infrastructures lourdes telles que nouvelle sortie d’autoroute, contournement autoroutier, tram, etc., auront été construites. Or, ces projets ne sont pas décidés par nous. Ils dépendent entièrement (autoroutes) ou partiellement (co-financement des transports en commun) de la Confédération. De surcroît, le processus décisionnel de la Confédération doit intégrer les besoins de toutes les agglomérations du pays, ce qui prend nécessairement beaucoup de temps. Par ailleurs, lorsque des projets ont été décidés et financés, leur réalisation n’est pas immédiate. Des questions techniques restent souvent à résoudre. Et les droits d’opposition et de recours doivent être respectés.

 

Comme on le voit, il n’y a pas de baguette magique en matière de mobilité. Pour autant, la Municipalité n’est pas résignée, bien au contraire. D’une part, elle cherche à prendre influence sur les décisions de la Confédération, non pas de manière isolée, ce qui serait voué à l’échec, mais en parfaite coordination avec les communes voisines et le canton, à travers notamment le PALM. D’autre part, en parallèle, elle exerce systématiquement son pouvoir d’influence sur le canton pour obtenir des améliorations ponctuelles en matière de mobilité. Plusieurs résultats concrets ont été obtenus ces dernières années :

 

  • Depuis décembre 2009, la ligne 17 des tl (transports lausannois) relie quatre fois par heure Bussigny au centre de Lausanne. Il faut 20 minutes environ pour rejoindre la place Chauderon depuis Arc-en-Ciel. Il est prévu d’augmenter bientôt la cadence de la ligne à cinq fois par heure. Le tracé de cette ligne (de Villars-Sainte-Croix au Grand Pont à Lausanne en passant par Bussigny et Renens) préfigure celui du futur tram t1 qui devrait desservir Bussigny aux environs de 2025.
  • La ligne 702 des MBC (Transports de la région Morges Bière Cossonay) relie Bussigny (sous-gare) à la gare de Morges en 23 minutes depuis fin 2012. Aux heures de pointe, ce bus circule toutes les 10 minutes. Depuis la gare de Morges, il faut 30 minutes pour rejoindre Genève avec les CFF.
  • Un autobus local permet de rejoindre la gare CFF en 10 minutes au maximum depuis les quartiers qui en sont le plus éloignés. Il circule deux fois par heure aux heures de pointe.
  • La RC 177, inaugurée en automne 2018, diminue le trafic poids lourd qui rejoint aujourd’hui l’autoroute à Crissier en passant par Bussigny.
  • Le PALM prévoit le déploiement d’un réseau dit « réseau-t » composé d’une ligne de tram (le t1) et de trois lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), à savoir des bus circulant en site propre. Une ligne devrait relier Lausanne à Bussigny en passant par Crissier dans le cadre des « Axes forts » de mobilité développés par le Canton.
  • Une nouvelle sortie d’autoroute est prévue à Ecublens (sortie La Venoge) à l’horizon 2035. Elle réduira à terme de moitié le trafic de transit en provenance de l’actuelle sortie de Crissier.

 

Enfin, dans un horizon plus lointain, une nouvelle autoroute de contournement de Morges est prévue. Le tracé actuel n’est pas définitif. En étude au niveau de la Confédération depuis 2008, le projet nécessitera de nombreuses d’études préparatoires et de consultations avant que le peuple suisse puisse se prononcer sur un investissement de plusieurs milliards de francs. La Municipalité de Bussigny a fait valoir officiellement son opposition à la variante retenue actuellement par l’administration fédérale.